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Actualités Géopolitiques

La Revue Opium

États des lieux sur la robotique en Chine

Robot humanoïde bipède courant sur la piste du semi-marathon de Yizhuang à Pékin, devant une foule de spectateurs et de coureurs humains derrière les barrières publicitaires. Reuters

Dimanche 19 avril 2026, les rues de la banlieue de Pékin, Yizhuang, ont vu s’affronter des robots humanoïdes dans son célèbre semi marathon. Humains d’une part contre robots d’autre part, le record du semi-marathon détenu par l’Ougandais Jacob Kiplimo (57’20’’) a été pulvérisé par le robot « Flash » (50’26’’). 


Cai Jizheng, directeur du Bureau de l'industrie robotique de la Zone de développement économique et technologique de Pékin et co-organisateur de la course s’estime fier de ce résultat qui témoigne des avancées technologiques de la Chine en matière de robotique. En effet, alors que l’an dernier le meilleur robot avait franchi la ligne d’arrivée en 2h40, « le fait que les robots courent de plus en plus vite témoigne des projets technologiques fulgurants que nous réalisons », rappelle Cai Jizheng.


Afin de concourir, les robots doivent respecter certaines conditions et remplir des critères physiques spécifiques : à savoir une tête et deux jambes, dont certaines font 90 centimètres précisément. Parmi les robots, certains d’entre eux disposent même d’un système de refroidissement afin d’améliorer leur performance, tout en étant autonome pour éviter les collisions ! 

Par ailleurs, malgré certains imprévus ( chute d’un robot avant l’arrivée et arrêt soudain pour un autre en milieu de course ), le semi-marathon de Pékin reste une vitrine importante pour la Chine afin d’exposer ses dernières avancées en manière technologique.


En 2025, les investissements en Chine concernant la robotique et l’IA « incarnée » avait atteint 73,5 milliards de yuans, soit 9,4 milliards d'euros. Le secteur de la robotique a ainsi connu une hausse de sa production de près de 33,2% en glissement annuel en mars. 


Lors de la conférence mondiale sur la robotique et l’IA à Pékin en aout 2025, tenue au Centre international d'exposition et de congrès Beiren Etrong, situé dans la Zone de développement économique et technologique de Beijing, des experts venus du monde entier discutent et partagent leurs dernières avancées dans le domaine de la robotique. Salon visant à renforcer la coopération internationale en matière de recherche et développement (R&D) et d’innovation, cet événement est aussi l’occasion pour la Chine de dévoiler ses progrès au reste du monde. 


Alors que certains robots sont aperçus en train de jouer au foot ou de faire de la boxe, le salon a pour vocation principale d’attirer des investisseurs étrangers. Depuis 2015 et le lancement de la politique « Made in China 2025 » visant à définir les priorités industrielles de la Chine, le pays est devenu un centre névralgique de la robotique mondiale. Pensé pour faire passer le statut de la Chine « d’usine du monde » à « grande puissance industrielle », le plan, annoncé par le premier ministre Li Keqiang lors de la 12e Session plénière de l’Assemblée du peuple le 5 mars 2015 et conçu conjointement par le ministère de l’industrie et de la technologie de l’information (MIIT) et l’Académie chinoise d’ingénierie, semble porter ses fruits dix ans après sa mise en place. 


En effet, 2024 sert d’exemple pour dresser le bilan de cette politique, année ou deux tiers des brevets robotiques déposés dans le monde ont été émis en Chine, et durant laquelle la Chine est devenue le premier producteur de robots industriels. L’avance de Pékin est aussi symbolisée par l’installation de ses plus de 300.000 robots industriels articulés. L’Empire du milieu domine également le marché de la robotique mondiale en étant le premier acheteur mondial, avec 54% des robots installés selon la Fédération internationale de la robotique.


La conférence a aussi été l’occasion pour la Chine de montrer au reste du monde sa capacité à produire des robots en grande quantité, affichant une concurrence importante pour le Japon et les États-Unis. À ce sujet, alors que vingt-sept robots avaient été présentés lors de l’édition 2024, une centaine ont pu être aperçu en 2025. 


Si le marché de la robotique est estimé aujourd’hui aux alentours de 20 milliards de dollars, la banque américaine Morgan Stanley envisage un marché atteignant les 5.000 milliards de dollars d’ici 2050. La même équipe estime qu’en 2050, ces robots humanoïdes aperçus dans les salons serviront au quotidien, seront au nombre d’1 milliard dans le monde, dont 300 millions en Chine et 77 millions aux Etats-Unis. 


Vers la création d’une bulle spéculative ? 


De plus, selon le rapport World Robotics 2025 de l’IFR, 2024 marque l’année où 542.000 robots ont été installés dans le monde, soit le double de robots installés en dix ans. À elle seule, l’Asie représente 74% des installations, là où l’Europe ne représente qu’une installation de 16%. 


La Chine domine les autres pays du monde avec l’installation de près de 300.000 robots en 2024, soit 54% du total mondial, alors que l’Europe peut compter sur 85 000 unités en 2024, soit un recul de 8% en 2024. La France enregistre pour sa part une baisse de 24% par rapport à 2023, soit l’installation de 4.900 robots, ce qui reste loin derrière l’Allemagne et l’installation de près de 27.000 unités. Même aux États-Unis la tendance est à la baisse et enregistre un recul de 9% par rapport à 2023, avec 34.200 robots. 


Pékin est donc le leader mondial en la matière, dont les ventes sur son territoire ont été supérieures à celles des entreprises étrangères. Alors que la part de marché des fabricants chinois ne représentaient que 28% sur ces dix dernières années, ce chiffre a atteint 57% en 2024. Les projections annoncent de bonnes performances à venir, avec un potentiel de croissance de 10% par an jusqu’en 2028 pour le secteur manufacturier.


Aujourd’hui, certains acteurs dénoncent déjà les avancées chinoises et pointent l’éventualité d’une bulle spéculative. En effet, Li Chao, porte-parole de la Commission nationale chinoise du développement et de la réforme a alerté sur ce secteur en pleine effervescence mais qui n’a encore que peu d’usage dans le monde réel. Tout comme l’intelligence artificielle (IA) qui connait un intérêt majeur depuis l’arrivée de Deepseek en janvier 2024, des acteurs comme la banque Goldman Sachs alerte sur les risques de la surproduction et le manque de commandes.


Si 150 entreprises sont actives dans le milieu de la robotique en Chine aujourd’hui, bénéficiant de l’appuie et du soutien financier des autorités chinoises, Li Chao précise que la plupart de ces-dernières ne sont que des starts-up. Il rappelle que « nous devons également être vigilants pour éviter que des produits très répétitifs ne saturent le marché », en raison de la production des 10.000 robots humanoïdes en 2025 selon un rapport de la société de conseil spécialisée Leaderobot paru en avril 2025. 


Vers un monde de plus en plus artificielle : quelles sont les dérives éventuelles ? 


Quelle est la limite a l’innovation ? Existe-t-il une limite à l’innovation ? Certains films ont mis en lumière les dérives de l’usage de l’IA et l’attachement émotionnel qui peut en résulter. Les films Her (2013) réalisé par Spike Jonze et Blade Runner 2049 (2017) réalisé par Denis Villeneuve, sont de parfaits exemples pour illustrer l’attachement des personnages principaux, incarnés par Joaquim Phoenix et Rayan Gosling, aux intelligences artificielles. Si ces films ne sont que des histoires inventées, que se passe-t-il lorsque le cinéma transcende la réalité et vient s’installer dans le quotidien ? 


Voici la question que pose le dernier salon du sextoy à Shanghai tenu le week-end du 18 au 19 avril 2026. En effet, des chatbots érotiques, des appareils synchronisés vidéo et à commande vocale ont pu être aperçus par les visiteurs. L’IA, plus que d’être un outil du quotidien, serait-elle déjà en train de s’immiscer dans notre intimité ? 


Premier producteur de sextoys au monde, la Chine ouvre ainsi son marché à de nouveaux produits dérivés permis par l’émergence et l’omniprésence de l’IA dans notre quotidien. Avec Luvmazer, application qui donne vie au conversations avec les IA en les concrétisant en pulsations de vibromasseur,  Her ne semble plus être seulement qu’un film, mais bien la réalité. Là où ces films ont tenté de nous avertir sur les dérives de la recherche constante d’innovation, la quête de profit et de croissance ne semble parfois pas respecter les limites de la perversion. Où s’arrête l’innovation ? Quelles sont les limites à l’expansion continue vers de nouveaux marchés ? Quelle morale derrière cette industrie ? Voilà autant de questions qui restent en suspens mais dont les limites s’amoindrissent à mesure que le temps passe et que les mentalités s’habituent à ces nouveautés, à ce « progrès ». 


Zhou Yuanqing, directeur de l’usine de Cydoll vante ses produits et explique que « de nos jours, les gens ne sortent plus pour boire un verre ou retrouver leurs amis, et ils préfèrent peut-être jouer seuls à des jeux sur leur téléphone ou leur ordinateur… mais ils ont quand même besoin de compagnie ». Autrement dit, l’atomisation de la société pousse les individus dans leur solitude et les amène à s’isoler davantage, où leurs comportements sont influencés par les dernières innovations. De plus en plus retranchés sur eux-mêmes mais toujours en quête de plaisir et de sensations fortes, le plaisir sexuel solitaire est ainsi favorisé et même encouragé par ces nouveaux acteurs sur le marché. 


De plus, alors que la pornographie est interdite en Chine (l’on se rappelle de l’interdiction de la plateforme Onlyfan en décembre 2024) l’usage de visages et de contenus pornographiques par l’IA questionnent le  Grand Pare-feu (Great Firewall en anglais) qui bloquent le contenu jugé illégal. Ainsi, comment la Chine, pays dont les avancées technologiques sont fulgurantes, va-t-elle se doter des moyens juridiques qui remettent en question sa politique, afin de faire face à ces nouveaux défis ?

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