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Actualités Géopolitiques

La Revue Opium

La Chine se dote d’un porte-avions nouvelle technologie

Le porte-avions chinois Fujian, premier navire de la marine chinoise équipé de catapultes électromagnétiques, lors de sa mise en service 日本防衛省・統合幕僚監部

Le 3 septembre 2025 sur la place Tian’anmen, le Parti communiste chinois (PCC) dévoilait dans un défilé magistral ses dernières avancées en matière d’équipements militaires, permettant de conclure le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) par une sorte de mise en garde adressée aux puissances occidentales. Joseph Henrotin, directeur de recherche au centre d’analyse et de prévision des risques internationaux, définit ce défilé comme un « choix entre la guerre et la paix » réalisé par la Chine au reste du monde. En dévoilant ses avancées militaires, la Chine chercherait donc à mettre en garde quiconque chercherait à contrecarrer ses ambitions militaires futures, notamment dans le terrain de jeu que constitue la mer de Chine méridionale. 


La stratégie de renforcement de l’équipement naval militaire chinois trouve ses racines dans les années 1980, à l’époque où le président chinois était le réformateur Deng Xiaoping (1978-1989). L’ouvrier de ce renforcement était le dénommé Liu Huaqing, et avait comme objectif d’assurer une capacité de projection importante à travers le monde afin de protéger les quelques cent cinquante millions de ressortissants chinois vivant à l’étranger. Cette stratégie menée par Deng Xiaoping et Liu Huaqing devait aussi assurer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement énergétique chinoise, explique Emmanuel Lincot, sinologue et professeur à l’Institut Catholique de Paris (ICP). 


Désormais, depuis l’arrivée de Xi Jinping à la tête du Parti en 2012, les dépenses dans le secteur militaire n’ont cessé d’augmenter au fil de la succession de ses mandats. Aujourd’hui, la Chine dispose de la plus importante flotte militaire du monde, avec deux cent trente-quatre navires, surpassant les deux cent dix-neuf américains. Selon le professeur à l’ICP, l’importance de la flotte chinoise doit aussi prendre en compte les huit mille navires marchands qui naviguent à travers le monde -contre les seuls quatre-vingts navires marchands américains – en raison de « la nature du régime », capable de s’accaparer des navires marchands pour des besoins logistiques en vue d’une éventuelle opération amphibie contre Taïwan. 


Là était peut-être tout l’enjeu du défilé militaire du 3 septembre sur la place Tian’anmen. Concluant certes le sommet de l’OCS, ce défilé a pris des allures presque cinématographiques en raison de son allure digne d’une parade des militaires et du matériel chinois.  

Le Parti a notamment pu afficher ses derniers avancements en matière d’équipement militaire. Le le missile aéroporté à longue portée JingLei-1, le missile intercontinal JuLang-3 lancé depuis un sous-marin, ou encore le missile intercontinal terrestre DondFeng-31 ont pu être observé. Des drones aériens, navals et sous-marins (AJX002), ont également été aperçu, au même titre que des systèmes de laser à haute énergie et des armes à micro-ondes, afin de faire face à la menace croissante que constitue les drones, rapporte legrandcontinent. Des hélicoptères sans pilote déployables depuis les navires et des robots sous-marins sans équipages ont aussi pu être aperçus lors du défilé. 




En Chine, le secteur de la défense représente une grande partie de ses dépenses.  En 2024, la Chine avait prévu de dépenser 231,4 milliards de dollars dans son industrie de défense, afin de « sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement », d’après le porte-parole de la session de l’ANP, Lou Qinjian. Deuxième pays à investir massivement dans son secteur militaire derrière les États-Unis (877 milliards en 2022), la Chine continue pour la troisième année consécutive à hausser son budget militaire de 7% malgré un ralentissement de sa croissance marqué par les séquelles de la crise du Covid-19.

Néanmoins, certains acteurs tendent à remettre en cause le budget de défense chinois.  En effet, le sénateur américain Dan Sullivan -appuyés par les services de renseignements américains- est suspicieux au regard du budget de dépense chinois et estime plutôt un budget réel à hauteur de 700 milliards de dollars. 

De plus, au niveau du gouvernement central, les dépenses militaires sont dix fois supérieures à celle dans l’éducation et restent cinq fois plus élevées que celles pour les sciences et technologies, faisant de ce secteur une industrie centrale de la politique chinoise perçu comme « une priorité » face aux secteurs énoncés, rapporte Pierre-Antoine Donnet, rédacteur en chef de Asialyst. 



Finalement, le 5 novembre dernier, la Chine a mis en service son troisième porte-avions, le « Fujian ». Après le « Liaoning » et le « Shandong », la Chine dévoile donc son troisième porte-avions grand de 316 mètres et lourd de 80.000 tonnes. Le Fujian devient ainsi le plus grand porte-avions au monde en dehors de ceux de la flotte américaine, et pèse l’équivalent de trois fois le porte-avions Charles De Gaulle, seul porte-avions français. Effectif dès 2024, il a été mis en service officiellement sur l’île de Hainan, lors d’une cérémonie à laquelle le président chinois a participé. 

Le Fujian devient le premier navire chinois à être équipé de catapultes électromagnétiques (EMALS), rattrapant ainsi le retard qu’ils avaient des États-Unis. Grâce à ce nouvel équipement, l’armée chinoise pourra ainsi lancer des avions plus lourds et mener des opérations à plus grand échelle, mais moindre en raison de son équipement à propulsion conventionnel. De plus, le nom du porte-avions fait référence à la province du Fujian, province située en face de l’île de Taïwan. Hasard ou volonté d’affirmer ses ambitions politiques, avec ce nouveau porte-avions n’a pas peur d’affirmer ses ambitions en mer de Chine et alerte ses adversaires - comme les Philippines notamment. 


Néanmoins, La dépêche rapporte que le porte-avions « souffre d’une lacune cruciale et pénible » puisque ce-dernier ne peut faire décoller et atterrir plusieurs avions en simultané. En effet, le Fujian a un problème de conception puisque « dès qu’un appareil se pose, ces deux catapultes doivent être arrêtées pour éviter tout accident ». Autrement dit, les catapultes doivent être arrêtées au moment où des avions décollent et atterrissent car ces-derniers coupent leurs trajectoires. L’ancien capitaine de la marine américaine, Carl Schuster a déclaré à CNN que « les capacités opérationnelles du Fujian ne représentent qu’environ 60 % de celles de la classe Nimitz », un porte-avions américain âgé de cinquante ans. Au regard de la situation, les 120 à 160 décollages quotidiens prévus par le Fujian devront être revus à la baisse. 

Ainsi, malgré les avancées militaires chinoises de plus en plus rapides, son secteur a encore une marge de progression afin de parvenir à développer un complexe militaire aussi efficace que l’américain, qui lui dispose de onze porte-avions tous à propulsion nucléaires, ce qui n’est pas le cas du Fujian. 

Enfin, un autre chantier naval est en cours à Dalian afin de construire la prochaine génération de porte-avions chinois. Désigné comme le « Type 004 », ce-dernier se rapprocherait des technologies américaines grâce à une structure de réacteur nucléaire, rapporte Geo. Grâce à ce porte-avions, la Chine entrerait parmi les pays disposant d’un porte-avions à propulsion des nucléaires, aux côtés des États-Unis et de la France. 

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