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Actualités Géopolitiques

La Revue Opium

L’indifférence japonaise mérite elle notre attention ?

Bâtiment principal du sanctuaire Yasukuni à Tokyo, symbole des tensions mémorielles et politiques du Japon contemporain. Kakidai

L’on entend souvent que l’indifférence est, de loin, le plus grand des mépris. Et, pour ainsi dire, la posture silencieuse, dépourvue du moindre murmure, du Japon vis-à-vis de ses voisins ne le rend pas plus aimable. Face à l’actualité ou à son histoire, l’attitude quasi-flegmatique japonaise est la source de nombre de crises diplomatiques avec sa région, et les événements récents n’y manquent pas. Peut-être est-ce causé par l’expression bien nippone indiquant l’importance de savoir « lire l’air », qui soulève le poids du non-dit et l’importance du contexte pour comprendre l’instant présent. Et notre curiosité, qui ne peut s’empêcher de se demander quoi penser des nouvelles les plus fraîches, s’intrigue de cette situation inédite. Nous tâcherons de la satisfaire en prenant un peu de recul. Ce silence religieux que le Japon adopte sur les reproches qui lui sont faits est-il nouveau ? Mérite-t-il réellement que la presse mainstreamo-occidentalo-internationale se penche autant sur le sujet ?


Les journaux du globe titrent sur la récente escalade des tensions entre le Japon et la Chine, dont l’origine serait une prise de position de la toute nouvelle Première ministre japonaise à propos du caillou le plus important de la planète : Taïwan. Ma foi, rien de nouveau sous le soleil. A raison d’une crise diplomatique tous les deux ans – Since 1931 – et d’une interdépendance économique, le voisinage commence à l’habitude. Alors, la oui la Chine annonce en grande pompe que, très soudainement, les produits japonais issus de la mer ne passent plus ses très hauts standards de qualité, les interdisant à l’importation jusqu’à nouvel ordre. Mais pour une troisième fois en quatorze ans, excepté les restaurants de sushis de Shanghai, qui devrait encore s’en étonner ? Enfin, dans ce domaine les deux pays sont très largement indépendants, ces actions relèvent avant tout du symbole.


Et face à ces symboles, le Japon adopte son très caractéristique silence. La presse de droite japonaise se jette sur l’occasion pour conserver la méfiance face aux chinois, mais du centre jusqu’aux ultra-progressistes, pas un bruit. Un petit article qui ne fait pas les gros titres suffira à tenir les gens au courant. La diplomatie japonaise ne remet pas en cause les dires du Premier ministre, elle cherche certes à les arrondir auprès de Pékin en envoyant un représentant, mais Madame Takaichi ne daigne lever le petit doigt. Face à ce mépris, la porte-parole du gouvernement chinois Mao Ning a annoncé le remboursement de tous les vols commerciaux vers le Japon, pour les chinois qui le souhaitent. Mission réussi pour le gouvernement chinois : plus de 500 000 billets d’avion ont été annulés. Résultat ? Toujours aucun mot du gouvernement japonais. Par contre, dans ce même silence, le ministère de la Défense japonais a fait part de sa volonté d’installer une série de missiles balistiques sur l’île de Yonaguni : à 180 km de Taïwan. Le tout, sans que cela ne fasse le tôllé auprès de sa propre population, dont l’opinion sur l’article 9* est de plus en plus flottante. La Chine s’enfonce dans sa fureur, le Japon se prépare sereinement au pire.


*L’article 9 de la Constitution japonaise fait du pays une nation pacifique.


Ce silence traditionnel que nous décrivons n’a rien de moderne pour les voisins du Japon. Rares sont les mots sur la colonisation en Corée, ou de l’incident de Nankin, malgré les exactions de l’armée japonaise. Le Japon a présenté ses excuses une fois à chacun, après la normalisation des relations avec ses voisins, dans les années 1960. Or, le Japon souhaite éviter de rentrer dans une logique « de pardon perpétuel », considérant que ses voisins ne cesseront jamais de lui demander de s’excuser.  Là est bien la source de toutes ces tensions. La remilitarisation progressive du Japon, bien qu’elle puisse, pour nous Occidentaux, paraître tout à fait normale ; elle est amère en Extrême-Orient. Sans les grandes excuses de l’Allemagne ni les efforts de la construction européenne, quel aurait été notre perception de la récente remilitarisation allemande ? C’est cet effet d’amertume, couplé à son dédain assumé, qui rend les relations avec le Japon si spéciales pour ses voisins. C’est également pour cela que la Chine réagit aux visites des PM japonais au sanctuaire Yasukuni, qui rend hommage à tous les soldats japonais tombés au combat depuis la fin du XIXème siècle.


Avec certains, comme la Corée ou le Vietnam, les relations s’adoucissent grâce au facteur économique, mais avec la Chine cela ne trouve pas de réponse. Pire encore, l’Empire du Milieu, accompagné de ses ambitions mondiales, cherche activement à ne plus devoir répondre de l’occident. C’est ainsi que nous avons récemment pu voir l’annonce d’un nouveau câble chinois censé remplacer tous les autres, plus particulièrement le fameux hdmi. Quel rapport avec notre sujet ? Il s’agit de la technologie japonaise la plus utilisée au monde. Avec ce contexte diplomatique bien ancré, la Chine espère peut-être réussir à briser le silence de son voisin, par la voie économique.


Notons que ce silence japonais n’est pas dépourvu d’actions. La remilitarisation accélérée depuis 2012, les entraînements militaires communs avec la Corée du Sud et la volonté de maintenir la sécurité américaine sur son sol sont la preuve que le Japon se tait mais n’ignore pas. Au-delà des clivages historiques et idéologiques, la Chine revendique un archipel japonais au sud d’Okinawa : les îles Senkaku. En prenant en compte le sérieux de Pékin vis-à-vis de la question taïwanaise, il est naturel pour le Japon de garantir son autodéfense.


Ainsi, à : « L’indifférence japonaise mérite-t-elle notre attention ? », je vous répondrai que oui. Malgré la morosité de l’actualité, la répétitivité des menaces et l’agressivité grandissante des relations internationales, il est important de noter et de comprendre les nuances qui s’instaurent. La capacité de la Chine à arrêter d’honteusement copier les technologies du monde entier pour créer les siennes est importante pour comprendre les rapports de force. La Chine des années 2000 était incapable d’assumer le remboursement massif de tous ces vols vers le Japon. Tout comme Tokyo était incapable de faire installer des batteries de missiles sur ses îles près de Taïwan, tout en affirmant sa volonté de la défendre. Il est important de s’informer, mais il est important de comprendre d’où provient l’actualité. Alors, peut-être que nous aussi, pour comprendre l’Extrême-Orient, nous devrions apprendre à « lire l’air ».

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